Idées de cadeaux (voir aussi IDEES DE CADEAUX, DEUZAN et SELECTION DE DVD)

mardi 5 mai 2009

Coup de gueule

Depuis quelques jours, je me retiens. Je me dis que ce n'est pas si grave. Que j'ai bien d'autres soucis en tête. Que d'autres l'ont dit avant moi. Ou que d'autres vont le dire. Un jour. Mais là, je n'en peux plus. De quoi je parle ? Mais de cette fichue pandémie (et hop, un mot de plus au compteur de vocabulaire de la population lambda qui bêtement ne connaissait qu'"épidémie", mais là, pandémie, ça fait tout de suite sérieux et professionnel et vous voyez comme je maîtrise mon sujet). Mais je m'égare. La grippe porcine, ou Mexicaine, ou AH1N1.
Depuis quelques jours donc, les médias nous informent du nombre de cas probables, de cas avérés, de cas certains, au Mexique, puis aux EU, puis en France, et maintenant partout dans le monde, on sait à l'unité près combien de personne ont contracté ce virus. Super. Mais ce qui me hérisse le poil c'est la proportion démesurée entre le flot d'information concernant cette pandémie, sa gravité, et sa virulence. Parce que quand même au 3 mai 2009, une dizaine de jours après le début de la pandémie, il y avait selon l'OMS moins de 900 cas dans le monde, dont 20 décès. Soit un taux de mortalité de 2%. Quelle maladie contagieuse digne de ce nom ne peut faire que 20 décès en deux semaines ? Bien sûr c'est terrible pour les proches de ces personnes décédées. Mais en quoi est-ce plus terrible pour eux que pour les familles des quelques 1500 à 2000 personnes qui meurent chaque année en France de la grippe "normale", qui touche chaque saison encore une fois 2 à 8 millions de personnes rien que dans notre pays ? Je parle bien de la grippe, celle que tout le monde ou presque a eu une fois au moins dans sa vie, et dont peu de gens imaginent mourir. A ma connaissance, il n'y a pas de décompte des cas de grippe au journal télévisé. Pas de messages du Ministère incitant les gens à se moucher dans un mouchoir. Pas d'enfants retirés des écoles parce que la maîtresse a des symptômes grippaux. Et dans le métro, pas de masques.
Pour être juste, il faudrait parler des cas de rougeole, de coqueluche, du paludisme, de la tuberculose, du sida, de la faim, tout bêtement, qui tue chaque année 6 millions de personnes, dont 2 à 5 millions d'enfants, silencieusement, sans nous empêcher de dormir.
Je ne sais pas vous, mais moi j'ai un peu honte quand même.

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